La chapelle du Cimetière

Restaurée par les bénévoles de l’Association de Conservation du Patrimoine de Chantenay.

La chapelle actuelle

Elle était attenante à la propriété des « Grandes Maisons »’ et on y accédait de plein pied grâce à un pont qui s’élevait au-dessus du chemin qui longe actuellement le cimetière au nord. Les arceaux qui soutenaient ce pont se voient encore du moins dans leurs amorces, mais leur masse a disparu en 1843, comme l’attestent les registres de la Fabrique (1).
Cette chapelle, primitivement devait être plus grande qu’aujourd’hui. C’est bien ce que laisse supposer les vestiges d’une ancienne porte dont la partie occidentale a dû disparaître quand on a rapproché le mur de la façade.
De plus, on peut raisonnablement croire que dans l’intérieur de la chapelle s’élevait une tribune ( on expliquerait difficilement sans cela la hauteur de l’ancienne porte dont nous venons de parler.
Ce raccourcissement de la chapelle a dû se faire entre 1597 et 1618 à l’époque ou un certain Jean Rousson, était curé de Chantenay.
On sait que ce prêtre fit faire d’importantes restaurations à la chapelle. D’ailleurs, la fenêtre de la façade actuelle accuse le style du XV ème siècle, style beaucoup plus récent que celui des fenêtres des murs latéraux.
C’est également Jean Rousson qui, selon toute probabilité fit donner à cette chapelle le vocable de Notre Dame du Rosaire.
En effet, l’homme d’église était personnellement un fervent de cette dévotion et avait publié un ouvrage religieux intitulé : « Le jardin d’honneur de la Vierge Marie où se cueillent les fruits de la vie de jésus christ et de la Sainte Vierge ».
La chapelle du Rosaire fut d’autant plus fréquentée que, de temps immémorial, les habitants de Chantenay venaient auprès d’elle, déposer la dépouille mortelle de leurs chers défunts.
On ne sait exactement de quelle époque au juste remonte l’origine de ce lieu du repos qu’on appelait jadis « le grand cimetière », pour le distinguer de celui plus restreint, qui s’étendait devant la porte principale de l’église paroissiale.
La chapelle elle-même servit nombre de fois de lieu de sépulture. C’est ainsi que le curé Jean Rousson y fut inhumé en 1630, quoique déchargé de la paroisse de Chantenay, depuis 1618.

L’histoire du rétable

En 1868, l’abbé Richard, étant curé de Chantenay et Mr Ferdinand Gasselin, maire, il fut décidé, en séance du « Conseil de Fabrique » (1) que pour rendre toute sa pureté au cœur de l’église du village, on ferait enlever le rétable pour le placer à la chapelle du Rosaire.
Le travail fut réalisé par Monsieur Louis Chevalier qui a donné quelques détails intéressants sur cette opération.
La chapelle n’étant pas assez élevée pour la hauteur du rétable, il a dû abaisser le niveau de celle-ci de 70 à 80 cm. En faisant le terrassement, il trouva 25 têtes de morts avec d’autres ossements épars. L’une de ces têtes encore recouverte de cheveux était enveloppée dans un capuchon de soie verte encore bien conservé. Ces ossements ont été déposés dans une excavation faite un peu en avant de l’autel, du côté de l’Evangile. Du côté de l’Epître, une pierre qui sert de sous-bassement atteste que le rétable avait été donné à l’église par Messire d’Hardouin, seigneur de Coudreuse, qui aurait fait ce don, en action de grâce d’un assez long procès gâgné contre le Seigneur de Thomazin (fin du procès 20-09-1760) .
Vous remarquerez que les statues de Saint Dominique et Sainte Catherine de Sienne que l’on voit dans les niches du rétable ne sont pas proportionnées à la place qu’elles occupent. En fait, elles étaient depuis longtemps dans la chapelle, comme cela convenait d’ailleurs à une chapelle dédiée à Notre Dame du Rosaire. Les statues qu’elles ont remplacées dans le rétable sont restées dans le cœur de l’église : ce sont les statues de Saint Jean-Baptiste et de Saint Jean l’Evangéliste.

Les restaurations

En 1920, la toiture a été refaite suite à un vote du conseil municipal, qui en a pris la charge…. Mais à moindres frais car la voûte en bardeaux de bois a été jugée à l’époque difficilement réparable…. Trop cher sans doute… Les bardeaux en bois noble ont donc été remplacés par des tôles ondulées…. Mais cela avait du sens puisque ces tôles avaient été récupérées après avoir servi dans les tranchées de la guerre de 14-18….. et comme la chapelle abritait désormais les plaques de marbre gravées en lettres d’or et portant les noms des soldats morts aux champ d’honneur pendant cette même guerre…. Sans doute y a-t-on vu une sorte de cohérence.

Autres détails à signaler

Les nouveaux bancs de la chapelle (nouveaux en 1920) ont une histoire : Ils ont en fait été fabriqués par les soldats américains en garnison au patronage de Poillé sur Vègre. Monsieur le curé de Poillé étant devenu propriétaire de ces banc… leur a trouvé une affectation logique en les cédant à la Paroisse de Chantenay pour prendre place dans cette chapelle .
(Vous noterez également que le Chemin de Croix lui même a son cachet puisque les 14 croix qui le constituent sont en forme de croix de guerre.)

La restauration récente

Cette restauration est l’œuvre de l’association du patrimoine de Chantenay Villedieu et de ses nombreux bénévoles.
La tombe du soldat de Napoléon. La croix de pierre