Villedieu - Histoire, L'église... (chantenay-Villedieu, Sarthe)

Histoire

Villedieu, francisation de Villa Dei, en Champagne(1), appelé ainsi pour le distinguer d’un Villedieu dans le bas-Vendomois, est une modeste mais ancienne paroisse mentionnée dès 1264.
Les plus anciens documents connus sont du XII° siècle et tirés du cartulaire de l’abbaye de la Roé (fondée en 1096). En 1140 et 1160 il est fait mention de la chapelle Saint Georges.
Ancien prieuré des Chanoines réguliers de Saint Augustin de l’abbaye de la Roé en Anjou, il fut cédé à l’évêque du Mans.
La seigneurie de paroisse était réunie à celle de Saint-Ouen en Champagne possédée par les seigneurs de Saint-Ouen (dont le château, vendue par les héritiers après la Révolution, fut abattu), puis par la famille de Maridort, enfin vers 1775 par L. de Caux de Londes, d’Alençon, secrétaire du roi.
Villedieu relevait du grenier à sel de Loué.
La commune de Villedieu dépendit d’abord du canton de Chantenay puis, à la suppression de celui-ci, du canton de Brûlon.
En 1802 les paroisses de Villedieu et de Chantenay sont confondues, bien avant la réunion des deux communes qui fut décidée par ordonnance royale du 3 janvier 1839.
Chantenay devint Chantenay-Villedieu 98 ans plus tard en 1937.

Si la population de Villedieu est inconnue avant la Révolution, en 1804 elle était de 140 habitants et 40 feux, en 1836 de 120 habitants et 31 feux (Chantenay avait alors 1410 habitants et 332 feux). En 1936 il ne subsistait plus que 14 habitants.
La superficie de Villedieu était de 234 hectares dont 2 de vignes (vin de « petite qualité »).
L’église est sous le vocable de Saint-Georges(2). La cure fut un ancien prieuré. Le cimetière entourait l’église au sud et à l’ouest. Eglise romane dont la construction est attribuée au XII° (époque de la construction de nombreuses églises de la région).
L’église fut vendue en l’an IV à mademoiselle Decaux-Deslandes qui en fit cadeau le 30 novembre 1816 aux habitants. Le 28 janvier 1826 un arrêté préfectoral en donna la propriété à la fabrique(3) de Chantenay ainsi que le presbytère qui, lui, fut revendu en 1842 (cet édifice, en très mauvais état, fut démoli après 1960).
En 1912, Monsieur Laroche étant alors député-maire de Chantenay, l’église et son mobilier furent vendus à Monsieur Tézé qui fit refaire la toiture et réparer les portes et fenêtres avant la guerre de 1914. Les peintures murales furent badigeonnées par le propriétaire suivant
A la suite de plusieurs propriétaires dont le dernier en date était l’évêché du Mans, suite à une donation de Monsieur et Madame Leturmy à l’Association diocésaine du Mans en 1959, l’église, depuis 2006, est la propriété de la commune de Chantenay-Villedieu.
Dans le mobilier il était à noter une belle statue de madone en pierre du XVI° et vénérée sous l’appellation de Notre-Dame de Villedieu, un retable de l’époque Louis XIII surmonté d’une grande statue équestre de Saint-Georges terrassant le dragon qui se trouve aujourd’hui au musée Rockefeller à New York, des fonds baptismaux en pierre du XII°, un tabernacle de 1652, un Christ en bois du XVI°, des stalles. Tout le mobilier fut vendu par l’un des propriétaires de l’église au début du XX°.
L’église, en totalité, fut inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté en date du 13 septembre 1984. Monsieur Joël Letheule, député-maire de Sablé, s’était investi personnellement dans cette démarche.
Le terrain de l’ancien cimetière est entouré d’une allée bordée d’une double haie de hauts buis tout à fait remarquable et qui forme un cadre admirable à l’église. A noter la présence d’un puits dans l’enceinte. Le calme et le silence de ce site incitent à la sérénité.
Villedieu, à 1,5 km. de Chantenay et à 95 m. d’altitude, peut être un but de promenade et propose de très belles vues sur la région et notamment sur Chantenay.

(1) – Champagne du Maine : bordée au sud par la Sarthe, de la Suze à Avoise, à l’ouest par la Vègre, à l’est par l’Orne Champenoise et au nord par la région de Conlie.
(2) – Saint Georges : né en Turquie d’une mère secrètement chrétienne. Entre dans la cavalerie romaine impériale et y devient officier. Ayant déclaré sa foi chrétienne, il est arrêté, supplicié et décapité en 303. Fête le 23 avril.
(3) – Organisme paroissial chargé de veiller à l’entretien et à la conservation des biens des paroisses et à l’administration des aumônes (le « conseil de fabrique » fut remplacé en 1905 par le « conseil paroissial »)

L’église

Sous le vocable de Saint-Georges. Assemblée le 23 avril.
Les plus anciens documents connus sont du XII° s., et tirés du cartulaire de l’abbaye de la Roé en Anjou (fondée en 1096) ou il est fait mention en 1140 et 1160 de la chapelle Saint-Georges.
La paroisse de Villedieu est mentionnée dès 1264.
L’église fut, en totalité, inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté en date du 13 septembre 1984.

Le chœur

Roman, voûté en cul-de-four. L’abside fait 14.30 m. de pourtour intérieur.
Cinq fenêtres, dont trois de 0.90 m. de large à l’intérieur et deux autres plus étroites, sont, à l’extérieur, entourées de pierres de roussard.
Une porte au nord, murée, communiquait avec le prieuré-cure, de trois chambres à feu et deux froides, aujourd’hui démoli.
Le toit du chœur est un peu plus élevé que celui de la nef.
Les peintures murales du chœur ont subsisté jusqu’en 1914, puis ont été badigeonnées.

La nef

Prolongement de l’ancienne chapelle romane, communique avec le chœur par une arcade en ogive de 2.88 m. d’ouverture.
Le pignon ouest, au fond de la nef, a une porte en plein cintre sans moulure, aussi haute que large. Au-dessus deux baies en plein cintre, obturées, abritèrent les cloches avant la construction d’un campanile qui surmonte le toit.
Le mur nord est aveugle.
Le mur sud dispose de deux fenêtres, qui ne sont pas primitives, qui éclairent la nef ; la date de 1667 se lit au-dessus d’une des fenêtres à l’extérieur et pourrait indiquer la date de cette ouverture. Une porte à liteau, près du pignon ouest, donne accès à la nef.
Cinq pierres tombales sont encastrées dans le carrelage en terre cuite.
La charpente de la nef, jadis lambrissée, doit dater du XV° ou XVI° s.

Le mobilier

Le mobilier a entièrement disparu, vendu par un des acquéreurs au début du XX° s., dont une grande statue équestre de Saint-Georges terrassant le dragon qui se trouve dans un musée Rockefeller à New York ; une belle statue de madone en pierre du XVI° s., vénérée sous le vocable de Notre-Dame de Villedieu ; un retable LouisXIII ; des fonds baptismaux en pierre du XII° s..

extérieur

L’ancien cimetière, jouxtant le mur sud de l’église, est clos d’une double haie de grands buis.
On y trouve un grand calvaire en pierre ainsi qu’un puits.

Les cloches

La dernière grosse cloche fut fondue par Chauchard du Mans et baptisée le 21 février 1781. Les deux cloches disparurent à la Révolution. Une petite cloche sonna l’Angélus jusqu’à son vol en 1936.

Intérêt de Villedieu

Dans les années 1970 une association s’est créée à Chantenay pour la préservation de ce site, constituée notamment de tous les artisans retraités de Chantenay. Ces bénévoles ont évité à l’église de devenir une ruine en réalisant des travaux importants : réfection de la toiture, réparation des murs, construction d’un épais contrefort sur l’abside, dégagement des ruines de l’ancien prieuré, remise en état du site …..
Aujourd’hui il reste de nombreux travaux à réaliser, le plus urgent étant la réfection de la toiture qui a beaucoup souffert des tempêtes, en particulier celle de 1999 (le propriétaire ayant négligé d’en faire état à son assureur); la mise en valeur de l’intérieur de l’église avec la remise en place de lambris sur la charpente de la nef ; la réfection du sol du chœur dont le carrelage d’origine fut enlevé au profit d’une dalle de ciment ; la restauration de l’autel dont la pierre du dessus à été rognée pour y loger, en façade, une plaque de fibrociment ; la réfection des portes, heureusement en chêne, ….
Le Conseil Municipal de Chantenay-Villedieu (850 habitants), afin d’éviter que ce site ne devienne la propriété d’un particulier pour un usage privé, a accepté, en 2006, la reprise de cette église à l’Evêché qui voulait s’en séparer. L’Association se fait un devoir de dispenser son énergie et ses petits moyens financiers à la pérennité et à la mise en valeur de ce site.
Les membres de cette Association, des jeunes en majorité, s’emploient donc à procéder aux travaux qui ne nécessitent ni l’intervention de spécialistes, ni l’apport de moyens financiers lourds (toiture, charpente). Ainsi la dalle de ciment du chœur à-t-elle été enlevée (ce qui a, très récemment, permis de découvrir une cavité circulaire, certainement antérieure à la construction, de 1.20m. de profondeur et de diamètre avec une ouverture de 0.60m.). D’autres travaux dans l’église sont également prévus par les jeunes. Les abords ont été remis en état et sont entretenus.
En dehors de l’intérêt pour le bâtiment lui-même, qui mérite déjà à lui seul toute l’attention, puisque inscrit en totalité à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1984, l’ensemble du site est particulièrement intéressant et unique.
Situé sur le point haut du plateau, au centre de la Champagne du Maine, le lieu, surélevé, est particulier par ses dimensions (quadrilatère de 45 m. x 45 m.), par sa plantation (ceinture d’une double haie de buis anciens de 4 à 5 mètres de haut environ), par sa situation dans une zone (seulement 4 habitations proches) particulièrement calme et sereine qui surprend les visiteurs.
L’attachement des Chantenaysiens à ce site est certain. Ceux-ci sont conscients de la valeur et de l’intérêt de leur patrimoine.